TD 11 Les pronoms chez Giono

Introduction

Les pronoms constituent une catégorie syntaxique relativement homogène, mais ont des propriétés s "mantiques et des valeurs référentielles très diversifiées.

Le pronom (étymol. A la place d’un nom) fonctionne assez rarement comme l’équivalent d’un nom isolé, mais plutôt d’un GN, il peut aussi représenter un autre pronom, (l’un d’eux), un verbe à l’infinitif (chanter, j’adore ça), un adjectif (paresseux que je suis), une proposition (il a été nommé professeur, ce qu’il espérait depuis longtemps) ; de plus bcp de pronoms ne remplacent rien, mais désignent directement leur référent ; on les appelle nominaux.

 

  1. INVENTAIRE DES PRONOMS

Sont représentées les classes suivantes :

 

  1. COMMENTAIRE DE L'INVENTAIRE

Sous cette forme, l'inventaire ne rend cependant pas compte d'un certain nombre de caractéristiques :

On n'a pas plus relevé ici les formes de présentatifs supprimables et inanalysables comme

enlever la vieille veste (= *ne que enlever la vieille veste).

 

  1. ANALYSE FONCTIONNELLE
  2. L'analyse fonctionnelle distinguera d'abord les deux grandes catégories des nominaux et des représentants.

    1. Les nominaux

Ce sont les pronoms qui désignent immédiatement un référent, sans processus intermédiaire de représentation :

On les trouve certes principalement dans le dialogue direct où le locuteur se nomme par je, me, moi et désigne son interlocuteur par vous, tu, te, toi. Les pronoms de la P1 et P2 sont donc exclusivement nominaux.

Mais d'autres catégories de pronoms ne sont pas exclues de cette fonction :

    1. Les anticipants
    2. Popin parle d'anticipants puisqu'ils anticipent partiellement (genre, nombre, fonction) la réponse. Un seul emploi dans le texte d'une locution pronominale interrogative :

      qu'est-ce que tu lui veux ? dont on notera le double marquage comme non animé et comme complément.

      Il s’agit d’une forme simple (que) renforcée qui lui ajoute l’élément est-ce que (Wilmet parle de forme focalisée). Les formes simples servent à interroger sur l’identité supposée inconnue de leur référent. Mais ne sont pas dépourvus de tout contenu puisqu’ils véhiculent un minimum d’informations sur la nature du référent à identifier. Ils anticipent l’entrée en discours dudit référent. D’où leur nom. Mais on peut aussi les classer comme des pronoms représentants.

    3. Les représentants

Ce sont ceux qui par anaphore ou cataphore (cf. poly de Wilmet), représentent un élément du contexte. Cet élément est fréquemment un G.N.

Chaque classe d'unités a ses propres caractéristiques. Les pronoms P3 et les relatifs représentent sans que la détermination du GN soit modifiée : le GN et le représentant sont alors coréférentiels, tandis que les autres pronoms (démonstratifs, possessifs, indéfinis, numéraux) peuvent avoir pour effet de modifier la détermination du nom représenté.

Ils représentent principalement

Seuls posent problème en et y, à cause de leur caractère adverbial.

Les deux occurrences du passage en résument la problématique : il s'agit à la fois

j'ai tout ce qu'il faut ce que je viens faire ici

Les pronoms relatifs (ce, ceux) n’ayant aucune autonomie et composant avec le pronom relatif une locution pronominale insécable, on glisse alors vers la catégorie des relatives substantives.

Par rapport aux relatifs simples, l’analyse est donc modifiée : le relatif complexe ne représente que lui-même ; il n'a plus que deux fonctions :

On peut constater avec le dernier exemple, derrière la lexicalisation, une tendance vers le fonctionnement d'embrayeur, faisant référence à la situation générale dans laquelle se déroule la communication.

Les emplois de ce sont de trois types :

Ce cas répète un peu le mode de fonctionnement de ça, en choisissant dans ce qui précède les éléments utiles, et ne pose alors de problème que lorsque l'antécédent est au contraire précis et marqué (pourquoi C'était un rigolo ?, alors qu'on attendrait *Il avait l'air de [...] ; cf. aussi Il semblait gros / C'était un gros),

la vérité, c'est que moi [...] ; mon vrai travail, ce serait plutôt [...] ;

Jason Marceau, c'est justement moi ;

Ce cas tend vers l'utilisation stylistique dans la mesure où il ménage une redondance insistante, le représenté et le représentant figurant ensemble dans une même proposition, avec une simple pause syntaxique compensatrice du pléonasme et qui feint de les répartir dans deux unités disjointes.

c'est comme ça; ce n'est pas mon canton.

Quant au troisième cas, il s'appuie sur une désignation de l'ensemble des conditions de la communication (*les choses sont comme tu les dis; *l'endroit où nous nous trouvons n'est pas mon canton).